La question posée devant une borne
Nous sommes en 2026. Chacun a dans sa poche un appareil plus puissant que la borne devant laquelle il fait la queue. Et pourtant, pour commander sur place, il faut attendre son tour devant un écran partagé, parce que c'est comme ça qu'on fait.
L'idée tient en une phrase : et si la borne, c'était le téléphone du client ? Pas une application à télécharger, pas un compte à créer — la même borne, mais dans la main de chacun, disponible autant de fois qu'il y a de clients dans la salle.
Deux fondateurs, des deux côtés du comptoir
Qoul est développé par Youness Fatine, lead développeur, et Zakariya Belkassem. Nous travaillons tous les deux en restauration rapide.
Ça change tout, parce que ça donne un double regard : nous connaissons les gestes du service, ce qui fait perdre trois minutes à un coup de feu, ce qu'un logiciel mal pensé coûte un vendredi soir. Et nous connaissons aussi l'autre côté — celui du client qui attend, qui n'ose pas demander si le plat contient telle chose, qui repart parce que la file est trop longue.
Cette position nous a donné un avantage que peu d'éditeurs ont : nous n'avons pas eu à imaginer ce dont un restaurateur a besoin. Nous avons posé la question directement aux patrons et aux managers autour de nous, pendant le service, et le produit s'est construit sur leurs réponses plutôt que sur des suppositions.
Un projet de fin d'études, et pourquoi ça compte
Qoul a d'abord été notre projet de troisième année. Nous aurions pu le mentionner discrètement ; nous préférons le dire, parce que c'est une partie de la raison pour laquelle le produit est ce qu'il est.
Un projet scolaire impose une structure que beaucoup de projets lancés seuls n'ont pas : des bonnes pratiques à respecter, une architecture à justifier, des choix à défendre devant un jury qui ne se contente pas d'une démo qui marche. Cette exigence-là, nous ne l'aurions probablement pas eue si nous avions codé dans notre coin.
Le résultat est un produit qui a été construit pour être expliqué, pas seulement pour fonctionner. C'est aussi pour ça que nous documentons publiquement nos choix — les tarifs, les limites de ce que la plateforme sait faire, ce qui reste déclaratif.
Sans alcool, viande halal ou casher
Nous sommes tous les deux attachés à nos convictions, et elles ne s'arrêtent pas à la porte du travail. Qoul est donc réservée aux restaurateurs qui ne vendent aucun produit alcoolisé via la plateforme et dont la viande est exclusivement certifiée halal ou casher.
Ce n'est pas une option qu'on active dans les réglages : c'est un critère d'éligibilité pour ouvrir un compte. Nous savons que ça nous ferme une partie du marché. C'est un choix assumé, pas un oubli de commercial.
Cette politique porte sur le catalogue vendu via Qoul, pas sur les convictions personnelles des restaurateurs ni de leurs clients. À ce stade, chaque établissement le certifie explicitement à la création de son compte, et cette certification est enregistrée. Nous préférons dire précisément ce que cet engagement garantit aujourd'hui plutôt que de laisser croire à un contrôle automatique produit par produit.
Ce que nous refusons de faire
- Publier un chiffre que nous ne pouvons pas prouver. Pas de « +15 % de ticket moyen », pas de nombre de restaurants clients, pas d'avis fabriqués. Le seul chiffre qui vous engage est celui que vous constaterez chez vous.
- Cacher nos prix. La grille est publique, sans étape de devis pour la connaître, et les mêmes fonctionnalités sont incluses aux deux paliers.
- Nous mettre entre vous et vos clients. Le menu est à votre marque, pas sur une marketplace, et l'argent de vos commandes ne transite pas par notre trésorerie.